Ionesco/Délires à deux

Essai de calligraphie sonore par Massin d’après l’interprétation de Tsilla Chelton et de Jean-Louis Barrault à l’Odéon-Théâtre de France. Paris : Gallimard, 1966.

Mode d’emploi (p. 5)
Enfermés dans une chambre, un homme et une femme se disputent tandis qu’autour d’eux gronde l’émeute. Leurs propos, leurs injures, leurs cris sont entrecoupés de détonations : coups de feu, éclatement de grenades, explosions et, pour finir, le feu d’artifice de la victoire.
Prolongeant ainsi l’expérience récente d’une mise en scène typographique de la Cantatrice chauve, le metteur en page s’est efforcé cette fois de transcrire la voix humaine et le son. Cette écriture parlée, ou calligraphie sonore si l’on veut, vise à restituer le volume, la hauteur, la durée, le timbre et l’accent tonique – si faible soit-il en français – de la voix des deux interprètes ainsi que l’environnement sonore, à l’aide d’une typographie modulée et de taches ou accidents graphiques divers.
Il est inévitable que le délire à deux de ce couple entraînât un délire de l' »écriture ». Attention : cette calligraphie vocale, cette typographie à pas variable, pour arbitraires qu’elles soient, ne sont jamais gratuites. L’amusement du lecteur ou la plastique de la page ne devant pas faire oublier le caractère sérieux, voire rigoureux, d’une expérience qui fait entrevoir, peut-être, une perspective de réconciliation de l’image et du verbe.

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