Christian Dotremont, logogrammes

Christian Dotremont est un poète belge (1922-1979), fondateur du groupe « surréaliste révolutionnaire » de Belgique en 1947 et du mouvement d’art expérimental Cobra (Copenhague, Bruxelles, Amsterdam), mais surtout créateur de logogrammes.

Un logogramme est un poème calligraphié dans l’instant, à l’encre ou la peinture, dans lequel l’écriture devient image du sens, énergie du geste du texte qu’elle porte, jusqu’à en perdre la lisibilité pour devenir pure forme. Le texte de ce poème est généralement réécrit en légende au crayon dans une autre écriture toujours manuelle mais lisible d’écolier appliqué. Tracés sur les supports les plus variés : valises, photographies, ou dans la neige en Laponie (logoneiges et logoglaces).

Christian Dotremont est saisi par l’aspect physique de son écriture. Il cherche à faire coïncider le geste de l’écriture avec la fulgurance du texte improvisé. Le poète Yves Bonnefoy qui était l’un de ses amis dit que : «Dotremont avait cru pouvoir remarquer, quand il n’était qu’un petit enfant, que certaines plantes ont une apparence de lettre, que le vent passe dans les herbes comme la main qui écrit court dans les mots : il avait rêvé ainsi d’une continuité de la forme vivante et de celle des signes de l’alphabet ce qui montre qu’il était prêt à ressentir que les lettres, celles que l’on fait naître avec le crayon ou la plume, ont en retour quelque chose sinon même beaucoup des plantes et peuvent s’emplir comme ces dernières des énergies de la vie. Les lettres sont, ou du moins elles peuvent être, pour qui ne les étouffe pas sous sa plume, le dehors vivant de la vie, un moyen pour celle-ci de croître, de devenir.»

Le peintre Pierre Alechinsky, autre membre de cobra, dit de lui : «Dotremont, maître des mots, dessine au pinceau ce qu’il pense, voit et pourrait déclamer. Le poème remue, devient peinture. Dotremont réussit à créer ses poèmes dans le temps même de leur tracé pictural. Tour de force car il ne peut comme un peintre arrêter en chemin, ajouter, élaguer, obligé qu’il est de dérouler d’une seule venue la phrase d’encre. C’est cet élan, dans le geste, sans une retouche, qui le meut.»

Citations de Christian Dotremont
La vrai poésie est celle où l’écriture a son mot à dire.

À mon avis les logogrammes ne sont pas des calligraphies, chaque logogramme étant un manuscrit original : je ne cherche pas à raffiner, je ne cherche pas la perfection. […] Dans les logogrammes mon écriture est libre, je ne me soucie pas de lisibilité, et j’aboutis à une « lisibilité » de « dessin » ; je laisse d’ailleurs le spectateur libre : il peut ne voir que le « dessin », c’est-à-dire le graphisme, et il peut, s’il le veut, lire près du logogramme le texte de celui-ci, que je récris, après coup, en petites lettres lisibles.

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L’éditeur bruxellois Didier Devillez a publié, dans sa collection Fac-Similé, reprenant fidèlement l’édition originale (Ziggurat Antwerpen, 1978), J’écris, donc je crée, un seul long logogramme en 25 pages, précédé d’une introduction de Freddy de Vree et d’un texte signé Dotremont en 1977.

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Un commentaire pour Christian Dotremont, logogrammes

  1. Pierre dit :

    quelles sont tes sources ? super en tout cas bonne continuation

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