Les auteurs occupent la page dans la revue Grumeaux#4

Ce qu’il y a de bien dans cette histoire de livre de papier qui pourrait disparaître, c’est qu’enfin on regarde d’un autre œil cet objet plié et multiplié qui rend compte si simplement des aventures poétiques les plus singulières.
Les pages deviennent alors des lieux vivants et menacés qu’il faut habiter, investir, occuper à la manière d’un piquet de grève.
C’est ce qu’ont fait les contributeurs de la revue Grumeaux dans un même élan : subvertir le pavé de texte, l’éclater, déborder dans les marges, renoncer à la mécanique typographique pour la défier et même la nier en composant à la main.
Désaligner les lettres, les suspendre, changer de corps inopinément.
On voit mieux comme ça le corps de mots. Et c’est bien.

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Les auteurs ont été aussi invités à dire de quelle façon la mise en page et la typographie interviennent dans leur processus d’écriture.
La question de l’outil est bien sûr en jeu dans cette appropriation nouvelle de la typographie : « Tout comme la peinture en tube a changé la façon de peindre, « word » et ses suites d’application sur ordinateur changent radicalement la façon d’écrire. Rien ne se trace, il n’y a plus de lettre plus ou moins mal tracée qui puisse faire hésiter sur le sens définitif d’un mot. » (Jean-François Bory)
Rémi David parle de LAVA, son livre à paraître bientôt : « La mise en page est dans LAVA inséparable de la question typographique si l’on accepte de considérer la ponctuation du texte, sa surponctuation, comme une forme de typographie. L’usage du point y est massif. » Ces décrochements aux usages normés de la ponctuation sont justifiés par un besoin de retranscription de la voix comme elle a été entendue. Le texte veut aussi se faire entendre : « En cela mon écriture relève de ce que j’appelle le « dix-art » : un art fait pour être dit. Que le texte soit dit à voix haute ou basse, mais où la manière dont il est dit, scandé, articulé, annonné ou piétiné est primordial pour partager avec le lecteur une même expérience du texte, une même manière de vivre le texte. »
Michèle Métail joue sur le temps de lecture, impose un rythme : « Les 144 carnets du premier Gigantexte amplifient le geste de la tourne des pages et provoquent un étirement du temps de lecture. »
Martin Högström évoque le corps du lecteur dans l’acte de lire : « Un lecteur d’un poème rond dont le rayon mesure 15 cm se comporte autrement que le lecteur d’un poème similaire dont le rayon mesure 8 cm : le premier bouge sa tête en lisant tandis que le deuxième ne bouge que ses yeux. Ce deuxième lecteur se trouve plus proche du sens sublimé par les mouvements saccadés des yeux. Le premier est davantage conscient de son corps lisant. »
Expérimentations et processus mis à plat : 
un tout petit aperçu de ce qui se trame dans les pages de Grumeaux 4, à retrouver ici !

Avec les contributions de
Derek Beaulieu, Luc Bénazet, Hélène Bessette, Jean-François Bory, Guillaume Cayet, David Christoffel, Rémi David, Jacques Demarcq, Larry Eigner, Robert Fitterman, Typhaine Garnier, Martin Högström, Anne-Sarah Huet, Anne Kawala, Rachel Levitsky, Laure Limongi, Barbara Manzetti, Michèle Métail, Katalin Molnar, Jean-Luc Parant, Charles Pennequin, Maurice Roche, Stephen Rodefer, Clothilde Roullier, Christophe Tarkos.
Directeur de la publication : Yoann Thommerel.

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