Rentrée littéraire 2072

2072 : j’ai lu pour vous La Mort du signe de Olivia Bodoni, qui fait partie de la short list du prix Européen de typolittérature.

De la page 1 à 100. Ça commence par une rencontre avec un personnage, un chercheur en écritures, qui étudie un langage oublié dans un très vieil ordinateur datant de la fin du siècle dernier. Les langues écrites se sont considérablement enrichies par la libéralisation mondiale du cryptage dans les années 2040. Des typographies nouvelles ont été créées pour permettre la visualisation de tous les nouveaux signes utilisés par ces langues codes. La langue sur laquelle travaille le chercheur est composée d’un mélange de signes abstraits et de petits dessins figuratifs un peu enfantins. Il cherche partout dans le monde un autre ordinateur qui daterait de la même époque et qui ferait office de pierre de Rosette. Cette première partie du livre est imprimée sur un papier ancien et fragile comme ceux que l’on utilisait au vingtième siècle.

Page 101. Un billet d’avion pour Hong Kong est glissé dans une pochette. Il permet au lecteur d’aller voir sur place le fameux ordinateur. (Où que l’on habite sur la planète, le voyage ne prend pas plus de vingt minutes).

De la page 102 à 121. Sur place, après avoir été autorisé à consulter sur le dinosaure informatique 2 pièces d’archives (illisibles du point de vue du sens) datées de 1998, on reçoit 20 nouvelles pages à lire sur tablette. Elles contiennent entre autre la traduction de quelques signes de la langue (tous dans le champ lexical des énergies, comme Force du vent ou Géothermie) et un code video pour accéder à la page 122.

Page 122. Une vidéo autoprojetable nous permet d’arriver juste à l’heure à l’invitation que nous a envoyée ce chercheur rencontré au début du livre. Le chercheur fait une conférence sur sa découverte. Il révèle le contenu du texte qui fait l’effet d’une bombe : le texte dénonce une manipulation informatique des États-Unis consistant à supprimer certains idéogrammes liés aux sources d’énergie, de tous les logiciels systèmes. Cette conférence, diffusée par le réseau officiel de recherche scientifique, n’a pu être arrêtée par le service de contrôle Viginet.

Page 123 à 200. Des photos. pas de mots. Mais on suit le chercheur de très près. Quelqu’un l’espionne. Les photos sont très mal cadrées et semblent être prises depuis des véhicules à très grande vitesse. L’arrière-plan est toujours un peu flou. Une dominante verte est présente sur tous les clichés.

Page 201. L’adresse d’un site sur lequel se connecter pour avoir la suite. On découvre que le chercheur est accusé d’avoir lui même écrit le texte et créé le code. Le gouvernement des États-Unis s’est porté partie civile. On peut se connecter tous les jours pour suivre le procès qui va durer plus de six jours.

Page 202 à 205. Compte-rendu du verdict du tribunal international : le chercheur est coupable. Il est emprisonné pour le reste de sa vie, son crime ayant été jugé comme pouvant mettre gravement en danger l’ordre planétaire.

Page 206 à 280. Journal de prison du chercheur. Sous un texte très intime au ton désabusé, le chercheur rétablit la vérité en écrivant un sous-texte qui se lit en ne gardant que le premier mot, puis le 100e, le 200e, le 300e et ainsi de suite jusqu’à la fin du journal. Le lecteur n’est informé de ce cryptage que s’il a renvoyé, comme indiqué page 206, un dessin qui représenterait pour lui la forme idéale du mot Vent, à l’adresse email de l’auteur.  Ces dernières pages se lisent sur une feuille en fibrion, une matière très fine et légère, connectée par ultrason à l’œil du lecteur, qui affiche les pages au fur et à mesure en s’adaptant parfaitement à son rythme de lecture.

L’ensemble de l’ouvrage est rangé dans une petite boite pas plus grande qu’une poche, sur laquelle sont représentés en filigrane quelques signes du code oublié.

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